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Lieux insolites et incontournables


Le Mont Saint Michel

Le Mont Saint Michel est une perle dans un immense écrin de sable. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, il est la huitième merveille du monde. Ce petit rocher au bord d’une immense baie est surmonté d’un petit village construit autour d’une rue principale, la Grand-Rue. Ce chemin en lacet est bordée de jolies petites maisons du Moyen-âge serrées les unes contre les autres et aboutit à l’Abbaye. Cette splendeur de l’art était à l’origine une modeste chapelle romane construite par des moines il y a plus de 1200 ans. Puis elle fut agrandie un peu plus tard pour devenir un chef d’oeuvre de l’art gothique. Elle est surmontée d’une statue dorée de l’archange Saint Michel qui brille dans le soleil. Au début du VIIIe siècle Saint Michel inspira en effet à Aubert, évêque d’Avranches, la construction d’un oratoire sur le mont. Au Xe siècle une poignée de moines de l’Abbaye de Saint Wandrille, en Normandie, bâtirent sur l’oratoire une magnifique abbaye. Il faut croire que ces quelques moines, qui se révélèrent d’étonnants bâtisseurs, furent aidés par les anges de Saint Michel puisqu’ils mirent à peine 16 ans à ériger cette monumentale splendeur. Les blocs de granit, acheminés par bateau des îles Chausey, au large du Cotentin, furent hissés au sommet du mont après avoir été taillés.

Une tâche titanesque que l’on imagine pas tant l’abbaye est empreinte de légèreté et de grâce. A l’intérieur tout invite au recueillement et au respect, et la crypte romane elle même semble encore habitée par les anges dont on croit voir les ombres fragiles s’insinuer entre les piliers.
La baie qui enserre le mont est une immense étendue de sable qui se laisse recouvrir par la mer au rythme des marées. Le fond de la baie est très plat et s’enfonce jusqu’à 23 km vers les terres, sur une largeur de plus de 60 km. Cette configuration donne une vitesse impressionnante à la marée montante (parfois plus de 10 km/h!). Si vous vous promenez à pied autour du Mont Saint Michel, n’oubliez de rentrer 2 heures avant la marée haute ou la mer vous rattrapera sans pitié. Les prés qui bordent la baie sont régulièrement inondés par la mer et donnent aux moutons qui y paissent un goût délicieusement particulier. Cette langue de sable à perte de vue semble monotone et sans vie, n’ayant à offrir que sa beauté magique. Pourtant en y regardant de plus près, on s’ aperçoit qu’une vie intense et sauvage l’habite. Des milliers d’oiseaux, échassiers, huîtriers, en raclent le fond de leur bec à la recherche de coquillages ou de petits poissons se cachant dans les flaques. Une colonie de phoques bruns vient également y passer l’hiver, bien au chaud dans son écrin douillet de sable rose et gris.


 
Les Monts d’Arrée

Des landes d’ajoncs et de bruyères d’où jaillissent des pointes déchiquetées de schiste rouge, des tourbières sombres et détrempées sur lesquelles planent des tissus de brume fantomatique, les Monts d’Arrée sont pour les bretons les portes de l’enfer. Culminant à moins de 400 mètres, cette terre de légendes mérite pourtant bien le nom de Monts. Le climat y est rude et il y fait souvent très froid l’hiver. Les pentes, si elles ne sont pas abruptes, sont escarpées et si d’aventure on s’éloigne des sentiers battus il est facile de s’y perdre. Les Monts d’Arrée couvrent une bonne partie du Parc Régional d’Armorique et présente une nature quasi intacte et sauvage, seulement habitée par les castors, les aigles et de nombreuses autres espèces d’animaux. Les cimes arides du Roc’h Trévézel ou du Menez Hom offrent un panorama magnifique sur cette beauté sauvage et préservée. Au delà de la lande on aperçoit les bocages verdoyants perdus dans la brume bleue de l’horizon. La dépression du Yeun Elez cache un marais touffu dans lequel gisent les âmes torturées noyées par les exorcistes que l’on appelle lorsqu’une maison est hantée. Prudence donc...
Mais lorsque le diable n’est pas là, les Monts d’Arrée sont un pays enchanté où règnent les fées. Parcouru de petits ruisseaux poissonneux, ils abritent plusieurs petits villages peu peuplés, dont les habitants ont gardé intactes leurs traditions séculaires. Une occasion de découvrir, lors des fêtes ou des veillées, la musique et les danses traditionnelles de Bretagne, mais aussi les contes, les légendes, racontées par ceux qui les vivent.
Entre Plouyé et Berrien, au sud-est des Monts, se trouve la forêt du Huelgoat (“le bois du haut” en breton). C’est un paysage magique, baigné d’une belle lumière dorée, où un étrange chaos de rochers saillants se mêle à une végétation pratiquement unique.
La nature généreuse et miraculeusement épargnée des Monts d’Arrée est le paradis des randonneurs. Un lieu magique à parcourir à pied, à cheval ou, pourquoi pas, accompagné d’un âne de bât, habitué aux sols caillouteux et chaotiques.